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Amnon Kapeliouk était un journaliste de race comme il en reste peu, habité par son métier, interrogeant sans cesse, prenant note de chaque détail, fureteur, charmeur, indiscret, bref, un investigateur inlassable. Il était persuadé que la fonction — sociale, civique, démocratique — du journaliste consiste toujours, par le dévoilement d’informations dissimulées, à mettre au jour la vérité. Celle-ci étant trop souvent cachée, occultée, travestie par les pouvoirs.
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Sans aucun protocole, Arafat se dirigea directement vers Amnon et le serra avec respect et affection dans ses bras. Ils s'isolèrent dans un coin de la pièce et entamèrent immédiatement une longue conversation en arabe. Kapeliouk parlait, expliquait.Arafat écoutait, questionnait. "De quoi avez vous conversé pendant si longtemps?, demandai-je à Amnon, dès son sortie. On avait l'impression que tu lui faisais un exposé sur la géopolitique planétaire. -Pas du tout!, répondit-il en s'esclaffant. Il voulait juste savoir si l'équipe de footballde Sakhnine* avait des chances de remporter la Coupe D'Israêl!"
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Sakhnine* : Le club, basé à Sakhnine, ville arabe de Galilée, a effectivement remporté la Coupe d'Israël de football en 2004. C'était la première fois qu'un club d'une ville arabe israélienne - dont les joueurs sont de confession juive, chrétienne ou musulmane- remportait la Coupe."
Monde Diplomatique, Aoüt 2009, par Ignacio Ramonet
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